Les guides nous prévenu sur les effets de l’altitude. Nous aurions sûrement du mal à nous endormir et durant la suite de l’ascension peut être des maux de tête, envie de vomir ou engourdissement. (Ça peut vite devenir grave : embolie pulmonaire). Contre ces légers troubles, les guides nous ont recommandé du stilnox. Une demi comprimé pour nous aider à nous endormir. Estrosi lui est monté grâce à ça au sommet car il a souffert du M.A.M. (mal aigu des montagnes) et non Michelle Alliot-Marie ! Nous c’est juste pour nous aider à nous endormir ! Le Stilnox n’est pas forcément très efficace ou en tout cas ne marche pas de la même manière sur tout le monde d’ailleurs Didier Gustin après une demi heure à tourner dans son lit a pris la 2ème moitié du comprimé.
Nous occupons toute la banquette de droite, les 10 couchages sont pour nos cordées avec au bout Eric et Sophie Revel, puis Jacques Gautier qui va ronfler comme une Cadillac, Pascal Potier (mister super photos), moi, Antoine, Gérard, Laurent, Philippe, Jean, … Deux couchettes sont sur le rang du dessus. Didier Gustin va devoir se désolidariser du groupe !
Distribution de boules quies, bonne idée. Moi qui ai un mal fou à les faire tenir dans mes oreilles, je vais au pris de 5 bonnes minutes de manipulations réussir à les faire rentrer dans le conduit. Ca y est j’entends tout en sourdine, pour ainsi dire, plus rien. Nous rentrons dans une bulle, nous nous voyons, mais nous sommes déjà focalisés sur le sommeil. Certains ont pensé au cache qu’on nous donne dans les avions. Ça peut servir en effet.
Je me calme, je me détends, je commence par les pieds, j’essaie de penser à chacun de mes muscles, chacune de mes articulations, à mes ligaments. Les chevilles qui ont déjà pris cher vont devoir me laisser tranquille jusqu’à 2 heures du mat ! Je sens que j’arrive à me décontracter mais cela ne suffit pas à me faire partir, à me faire basculer dans le songe. Malgré le Stilnox, malgré les boule quies, je ne suis nerveusement pas tranquille. Car c’est nerveusement que nous avons tiré sur la corde dans cette escalade du Goûter. Les nerfs sont un muscle qui, quand on tire dessus, mettent du temps à vous laisser tranquille.
Alors puisque je ne dors pas, et qu’il fait encore jour, je me dis qu’il vaut mieux aller pisser de jour que de nuit dans un froid glacial. Je sors donc habillé comme je le suis sous mes couvertures, le soleil baisse à l’horizon, la lumière est belle. Il reste encore presque une heure de jour. Je me presse pour que cet air vif ne me redonne pas un coup de jus.
A mon retour dans le refuge, ça ronfle déjà ! Seuls quelques couchages sont encore inoccupés, ceux du service de 18h45 (servi en retard) ne vont pas tarder. Je me recouche, j’ai froid, je me roule en boule et rentre la tête sous les couvertures pour ne laisser sortir que mes voies respiratoires. Je repense à ce que nous venons de faire, des images, pleins, me traversent l’esprit. Comme on compte les moutons, le rythme de notre marche me sert de métronome hypnotique et m’envole au pays des songes. Même si les ronfleurs nous entourent, je m’en vais, tranquillement, eux resteront là où ils sont à faire leur boucan, je m’en fous il peuvent bien faire le bruit qu’ils veulent, mon cerveau a débranché enfin.
18H00 – Diner au Refuge du Goûter |
01H45 – Réveillé par les Guides |
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