Carnet de route du Mont-Blanc
18H00 – Diner au Refuge du Goûter
18H00 – Diner au Refuge du Goûter
23rd sept 2010 Publié dans : Carnet de route du Mont-Blanc 0

Un repas dans un refuge à 3800, en haut d’une falaise, sans moyen d’accès pour le réappro c’est de toute évidence compliqué à réaliser. L’hélico exerce des rotations tout au long de la saison pour approvisionner le refuge. Pour nous ce soir ce sera : soupe de légume avec croûtons et tome de Savoie, puis petit salé et lardons, puis salade de fruits. Beaucoup d’eau dans ces aliments (c’est essentiel car l’air est plus sec, nous avons perdu beaucoup d’eau à l’effort).

Beaucoup de bruit, beaucoup de monde. Les clients du deuxième service prévu à 18h45 s’assoient déjà dans la salle sur ce qu’ils trouvent pour attendre leur tour. L’air semble se raréfier dans la salle. Bizarrement, Antoine mon frère de 19 ans qui est très sportif et en super condition semble accuser le coup. Il bat à 135 pulsations, lui qui lors des précédentes pauses dans les refuges et pendant l’ascension pouvait redescendre sans exagérer à 75 pulsations. Il sort prendre l’air, ventiler profondément et retrouve un meilleur tain.

Philippe Bruet fait comme tout le groupe le test de saturation d’O2 prodigué par Véronique Billat. Il est descendu à 81% ce qui alerte Véronique qui trouve le paramètre bien bas. Il en prend un coup au moral. Philippe, depuis la Bérangère, était obsédé par une seule chose : allait-il supporter l’altitude, éviter les nausées, mal de tête etc … ? Obsédé par une crainte : pourrait-il aller jusqu’en haut sans être contraint par l’altitude à rebrousser chemin ? Les guides nous ont notamment expliqué qu’un client pouvait souffrir de troubles graves à cause de l’altitude (exemple : l’embolie pulmonaire) avec pour conséquence directe l’impossibilité de monter plus haut, l’obligation de redescendre en toute urgence.

Chiffre plutôt satisfaisant, je suis à 87% de saturation en oxygène. J’étais à 93 au refuge de Tête Rousse. Niveau sensations, je suis content d’en avoir fini avec l’ascension du Goûter. Musculairement, ça va. Les courbatures de la Bérangère sont passées avec la marche initiale depuis le Nid d’Aigle. C’est un moment où l’on essaie d’oublier son corps, pour partager la joie d’être ensemble dans la même aventure. D’apprendre des guides leur expérience. D’aborder parfois superficiellement des sujets de société ou de parler de notre boulot. En l’occurrence puisque le Mont Blanc est affaire d’endurance et de respiration, le dopage dans le cyclisme est souvent revenu sur la table des discussions. Pourquoi, comment Landis s’est fait pincer ? Pourquoi les journalistes sportifs ne peuvent pas révéler leurs soupçons s’ils en ont ? Pourquoi Zidane a-t-il craqué ?

Le coup de barre de la décompression arrive. Nous commençons à nous décontracter (modérément toutefois puisque le Mont Blanc est un effort de 36 heures). Pas de café pour aborder plus facilement notre petite nuit. Nous quittons la table et le réfectoire. Nous traversons la plateforme et apercevons encore quelques alpinistes dans l’ascension de l’aiguille. Encore 10 mètres en chausson et nous arrivons dans l’annexe.

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Julien Holtz : Spécialiste de l'expérience utilisateur web : conception et production de dispositif digital, architecture de l'information, ergonomie, scénarisation, conseil, assistance à maitrise d'ouvrage. Découvrez sur le site mes compétences et réalisations. Découvrez également pour l'anecdote, le cheminement qui m'a mené à ce métier, une histoire très originale !