Laurent Surbeck aussitôt monté, aussitôt redescendu. Une étoile filante happée par son activité débordante et le développement de sa chaîne. Dans sa cordée, Eric Loizeau qui nous a fait tant vibrer le premier jour en nous projetant les images de son ascension à l’Everest. Nous sommes montés quasiment ensembles tout du long avec leur cordée.
Les Revel arrivent. Quelle beauté, quel moment touchant : mener sa femme au sommet alors que 5 jours auparavant Sophie ne venait que pour accompagner son mari pendant le séjour !
Philippe Bruet, notre porteur de Génépi et de bonne humeur, toujours souriant, agréable et ouvert à la discussion. Le régional du coin, originaire d’Albertville rêvait du Sommet. Il se l’offre pour ses 50 ans !
Pascal immortalise l’événement en se gelant les mains … Des photos qui font le tour de la presse.
Jacques Gautier, maire gentleman, beau comme un apollon, sexagénaire de 2006 est arrivé au bout alors qu’il semblait terriblement fatigué avant d’aborder le sommet d’entraînement (La Bérangère). Jacques, tu nous as tous surpris !!!
Jean Colin et ton téléphone satellite que tu as emmené au sommet pour être en direct à l’antenne pour réaliser les interviews. Tu tes servis des équipements comme des éponges. Je n’ai jamais vu quelqu’un qui avait aussi chaud aussi rapidement !
Et au fond, je comprends que la dernière cordée est celle de Didier Gustin et de mon père. Didier tellement ému d’avoir réussi est méconnaissable. Si expansif d’habitude pour nous faire rire, il a relevé son masque et laisse couler une larme le long de son nez. Il embrasse Gilles leur guide qui les a menés au bout de leur aventure. Antoine court à leur rencontre et accompagne Papa qui est déjà affecté, en larmes semble-t-il. Je les rejoins et là c’est rideau !
« Le bonheur à l’état pur ». J’étreins Papa et Antoine de mes bras. Papa pose sa tête au creux de mon épaule et nous pleurons à chaudes larmes de concert. Je suis immensément heureux et fier. Je suis avec deux hommes que j’aime du plus profond de mon cœur, mes piliers, mes références. Il y avait un dilemme avant le départ : c’était de savoir avec qui j’allais monter, mon père ou mon frère. Le faire avec Antoine était sûrement le moins pire des choix (puisque choisir c’est éliminer). L’idéal aurait été de monter tous les 3 avec un guide. J’imagine que cela a pu être frustrant pour mon Gérard de monter sans ses fils et de ne les retrouver qu’en haut.
Nous échangeons et partageons nos impressions et les anecdotes sur nos ascensions personnelles. Mon père me révèle que Didier a douté de lui-même et a fait douter sa cordée à cause de la fatigue et d’une bonne hypoglycémie.
Véronique Billat et son Robocop de guide avec ce masque de mesures de la consommation en oxygène peuvent être satisfaits de leur expérience. Au-delà de ça, nous avons tous porté des testeurs cardiaques qui lui serviront pour tirer des enseignements sur des morphologies « communes » dans le cadre de la haute montagne. En la croisant je lui fait vite un topo sur la fin de l’ascension et m’étonne de ne plus avoir dépassé les 150 pulsations / minute au dessus de 4200 mètres. Normal me dit-elle, au dessus d’un certain état physiologique du à l’altitude, le cerveau régule et limite le moteur ! Malheureusement Véronique me dira le soir même que mon testeur a cessé d’enregistrer mes paramètres au bout de 33000 battements (c’est-à -dire à l’aller au Goûter) et non 33 heures.
Il fait franchement froid maintenant que cela fait une demi heure que je me suis arrêté. Antoine est glacé. Nous faisons des mouvements pour nous réchauffer. Mais rien pour nous isoler du vent. Les 6 couches que j’ai sur moi ne suffisent pas à me rendre la chaleur que j’ai créée en grimpant. Je suis légèrement humide sur les couches fines près du corps. Elles épongent ma sueur qui ne sèche pas. C’est la mi-temps entre le petit déj et le déjeuner, il est temps de reconstituer un stock de sucres rapides, de sels minéraux si possible et surtout d’eau. Nous mangeons donc les barres que nous avons emportées et partageons quelques tasses de thé. Les deux bouteilles plastiques d’Evian que j’avais choisies au détriment du thermos (trop lourd) ont gelé !!! Donc inexploitables !
C’est l’heure des photos de groupe. Pascal nous isole Gérard, Antoine et moi pour faire les 3 Holtz en photo à coté d’un fanion planté dans la neige. Gérard pose ensuite pour Stade 2 et France 2 avec des drapeaux spécialement faits pour l’occasion. Puis c’est une photo spéciale 92 (Hauts de Seine). Et enfin la photo avec la banderole « La Montagne à l’état Pur » associant la mairie de St Gervais et les partenaires de l’opération au groupe.

Au sommet en famille (de gauche à droite : Julien, Gérard, Antoine) L'émotion à l'état pur ! Je vous souhaite à votre tour, visiteur de mon site, de vivre ce moment !
08H10 – Je suis au sommet ! (4810m) |
08H50 – Redescente vers le refuge Vallot (4810 – 4362 m) |
You can follow any responses to this entry through the RSS 2.0 feed.




Honnetement, ce recit est extremement touchant. Je comprend les émotions vécu, car elle me semble proche de celle que j’ai resenti lors de mon 1er marathon.
J’envisageai serieusement de gravir le mont blanc, mais votre carnet de route m’en a convaincu, je reserve dès demain même seul s’il le faut!
En esperant vivre tant d’émotions que durant votre ascencion,
Augustin